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Le dernier jour commence par une petite partie déjà parcourue mais cette fois sous le soleil. Je ne porte plus de nourriture à part de quoi grignoter et avec l’entrainement des jours précédents je me sens léger comme une plume. J’arrive au pied du Griou et il y a toujours autant de vent mais de face cette fois. Je vais rejoindre les Col de Rombiere puis de Cabre.
Le Griou sans les nuages
Je croise un grand groupe de retraités. Ils trouvent que je suis bien emmitouflé ! Eux ils vont au Griou en courtes manches… mais ils ont un accompagnateur eux ....
J’arrive au Col de Cabre. Belle vue sur la vallée de la Santoire et belle illustration de vallée augière. J’ai du mal a tenir debout ; le vent arrive pile dans l’axe et s’accélère au passage du col.
Vallée de la Santoire depuis le Col de Cabre
Un option pour rejoindre le Claux est de passer par la brèche de Rolland et par le Mary. Toute la crête n’a pas encore encore émergée des nuages, il doit faire humide et venteux là-haut. De plus j’ai entendu de tout à propos de cette brèche (hyper-facile, hyper dangereux,…) je ne sais pas à quoi m’en tenir (je suis preneur d’info pour la prochaine fois d’ailleurs)
Je descends donc dans la vallée de la Santoire, fais une pause à la Gravière (fontaine) et remonte au Col de Serre par la vallée de l’Impradine. Le reste de l’itinéraire pour rejoindre Le Claux est identique au premier jour.
J’ai bien dormi, le camping était pratiquement vide. Le ciel s’est dégagé durant la nuit (5°C) et le vent a tourné au N-NE. Je rejoins le GR400 au Nord de Murat pour joindre le Col de Cabre (~15 km), la suite je déciderai là-bas. C’est une étape classique (et à mon avis incontournable) pour ceux qui font le tour des Monts au départ de Murat. Vers Chazelles le long du ruisseau le balisage est très mauvais. Je rattrape le GR plus loin mais avec de la bouse jusqu’aux chevilles. Ca commence à grimper doucement et la vallée de l’Alagnon se dévoile. Je ne suis vraiment pas loin du départ de ma traversée du Cézalier en 2008.
Coup d’œil en arrière vers St Flour
Les environs du buron de Peyre Gary de l’Or sont un petit paradis. L’Or comme les genêts ?
C’est déjà midi et je m’accorde une pause déjeuner. Seul le bruissement du vent m’accompagne dans ma sieste, il n’y a pas de vaches.
Tranquille !!
Plus loin j’arrive au vallon de Vassivière qui m’avait intrigué sur la carte. C’est un plateau en forme de livre ouvert perché à 1600 m. Il y a une ruine, des ruisseaux (petit gué) et c’est balayé par le vent presque partout. Sensation d’isolement assurée. Pas encore de vaches non plus, les clôtures ne sont pas en état.
Le GR longe la crête Sud du vallon pour arriver au rocher du bec de l’aigle, point culminant du jour (1700 m). Le sentier est parfois un peu aérien.
L’endroit est incontournable car on a un panorama à 360° sur le Plomb, le Puy Mary et tous les autres. On aperçoit le Sancy et même le Signal du Luguet point culminant du Cézalier.
Ca souffle toujours très fort. Le Puy Mary en arrière-plan.
Je passe à côté du Téton de Vénus et arrive en milieu d’après-midi au col de Cabre. Ici c’est l’autoroute à randonneurs, ceux qui viennent du Puy Mary par la brèche de Rolland et qui vont je ne sais où. Je descends vers la source de la Jordanne et si le vent n’avait pas été omniprésent j’aurais cherché un bivouac dans les environs.
Descente vers la Jordanne au col de Cabre (et encore le Griou)
Je décide de marcher encore un peu et de passer la nuit dans le bois au pied du Griou. J'avais repéré un endroit agréable hier. C’est bien plat et aéré mais en début de nuit le vent parviendra quand même à s’infiltrer. Cette nuit c’est capuche obligatoire (6°C).
Demain je remonte au Griou en espérant y être sans les nuages, et je rejoins Le Claux.
Journée de transition météo. Des averses sont attendues dans la journée avec un fort vent d’Ouest. Je continue mon tour vers l’Est pour passer dans la vallée de la Cère en passant par le Griou (enfin !). Le temps est nuageux et frais.
Coup d’œil en arrière (vallée de la Jordanne)
Ruines (Les Soulies)
J’arrive rapidement au pied du Griou (1550 m) mais il est dans les nuages. Pour ceux qui veulent faire l’ascension (1690 m) il n’y a pas vraiment de sentier, c’est de la progression dans les blocs. Ca souffle fort et je mets mon coupe vent (pas de short aujourd’hui ). Un petit groupe s’engage vers le col de Rombière.
Ici à nouveau un choix s’impose : continuer le long de la crête vers le col de Rombière (1.5 km) ou descendre directement dans la vallée de la Cère vers les Chazes. Bien que la vue soit un peu bouchée je vais continuer sur la crête, j’ai besoin de fraicheur après ces deux jours de chaleur. Après 200 m le vent redouble, le plafond nuageux s’abaisse encore et j’ai froid aux mains. Je reviens au pied du Griou et je m’assied dans un creux à l’abri du vent pour reconsidérer mon choix. Je grignote une barre. 5° sur ma montre, je choisi l’option deux et j’emprunte le sentier vers le Sud pour redescendre. J’arrive à un pierrier et me dirige grâce aux cairns car on y voit pas grand-chose.
Versant Est du Griou
J’arrive en dessous des nuages et le soleil me réchauffe instantanément. La vallée de la Cère apparaît, en face c’est le Plomb du Cantal.
Vallée de la Cère
Je m’arrête un instant. Je ne sais pas encore vraiment où je vais ni ce que je vais faire demain. Le plafond nuageux me rattrape et la pluie apparaît. Je ne regrette pas mon choix et je plains le groupe que j’ai rencontré auparavent. J’aperçois le pont ferroviaire près de Super-Lioran et il me vient une idée. Je ne vais pas faire le Plomb demain car je le connais déjà (et c'est pas très beau surtout du côté nord) mais rejoindre Murat, à l’Ouest des Monts, en train pour revenir demain par les crêtes de la vallée de l’Alagnon. De toutes façons c’est bien parti pour pleuvoir toute la journée.
Je marche encore une heure et arrivé à la gare je constate que c’est la grève à la SNCF . Un bus de remplacement passe dans deux heures, c’est un peu moins que le temps qu’il me faudrait pour rejoindre Murat à pieds. Comme il pleut toujours j’en profite pour manger bien au chaud. Je passerai la nuit au camping de Murat.
Petite journée mais le beau temps est assuré pour les deux jours qui restent et mon choix d'étape pour le lendemain va se révéler judicieux ....
J'ai étrenné mon surpantalon de pluie Montane Featherlite (125g en L) et c'est tout bon pour un usage occasionnel (quand même un peu fragile, un velcro à recoudre)
Jour 2 : Vallée du Rauffet / Vallée de la Bertrande / Puy de Bassierou / Mandailles
Distance : ~19 km Durée (pauses incluses) : ~8h00 Altitude min/max : 915 / 1416 m Dénivelé nég / pos : 1129 / 800 m Météo : Soleil, chaud et lourd (~ 26°)
Lever 7h00, départ 8h00. Le choix de mon bivouac de la veille m’a un peu écarté de mon itinéraire. Je dois traverser la vallée de la Bertrande plein Sud et rattraper le GR400 au Puy de Bassierou.
Cap : en face tout en haut
Je loupe la piste forestière que je cherchais et fais un crochet par la Bastide. J’emprunte un morceau de PR dans la Montagne de Sartre, il fait à nouveau chaud et lourd. Après Bonnaves (1000 m), je choisis quelques chemins sur la carte pour monter au Puy par les estives mais ceux-ci disparaissent dans les hautes herbes. La pente à 45° sur 200 mètres me fait perdre beaucoup de temps et me flingue pour le reste de la journée. Arrivé au Puy de Bassierou (~1400 m) c’est plus trop la forme et je décide que je ferai étape à Mandailles (Gîte ?). Le Puy Griou se démarque à nouveau à l'horizon.
Puy Griou depuis le Puy de Bassierou
J’ai le choix de redescendre directement dans la vallée de la Jordanne ou de faire la crête par Cabrespine et le Cassaïre (1600 m). Des orages ayant été annoncés dès l’après-midi, je redescends directement jusqu’à St Julien de Jordanne. Le GR a malheureusement peu d’intérêt et je perds encore du temps dans un long secteur boueux.
Rocher de Combières
A St Julien près de l’église un préau couvert avec un robinet me permet de souffler un peu à l'ombre. Deux paysans discutent à proximité mais je ne comprends strictement rien à l’Auvergnat. Arrivé à Mandailles je passe au gîte que j’avais noté à l’avance mais cela ne me plaît pas trop. De plus il est plein ou presque. Je ne comprends d'ailleurs pas que le parking d'un gîte d'étape soit plein de voitures. Gîte d'étape=hotel low cost ? Ce n'est pas ma définition perso en tout cas. Je continue au centre du village et je m’offre une pinte à la petite auberge. L’endroit est accueillant (auberge "au bout du monde") et je ne décolle plus : gastronomie locale et dodo à l’auberge (les orages se font toujours attendre je regrette un peu de ne pas avoir fait les crêtes).
Mandailles
Pas terrible comme étape mais le deuxième jour c’est toujours la petite forme. Vivement demain....